L'église St-SATURNIN

RESTAURATION DE L’EGLISE SAINT SATURNIN DE VERGY (Côte d’Or)

Le lieu

Le paysage formé dans les Hautes Côtes de Nuits, par la butte de Vergy et l’église Saint Saturnin est un des plus remarquables de la Bourgogne.

A l’ouest de la vallée de la Saône, entre Beaune et Dijon, s’élève une série de collines. Sur l’une d’elles se fixa la dynastie des seigneurs de Vergy au début du VIIIème siècle. L’église de l’ancien village de Vergy est l’église des communes de Reulle-Vergy, Curtil-Vergy, Curley et Segrois. Elle est aujourd’hui sur le territoire de la commune de Reulle-Vergy, village de 130 habitants du canton de Gevrey-Chambertin, qui à 450 m d’altitude surplombe le val de Vergy.

Le château

Sa situation à l’extrémité nord de l’éperon rend l’histoire de l’église St Saturnin indissociable de celle de la colline de Vergy, qui supportait la « meilleure forteresse du royaume de France », d’après le roi Louis VII. Jamais prise au combat, elle tomba dans l’escarcelle des ducs de Bourgogne par le mariage d’Alix de Vergy avec le duc Eudes III en 1199. C’est finalement Henri IV qui ordonna sa destruction totale en 1609, probablement par rancune personnelle vis-à-vis de son propriétaire d’alors, remontant aux Guerres de Religion. Si Ravaillac avait perpétré son forfait un an plus tôt, nous aurions ici l’équivalent de la cité de Carcassonne (reconstitution visible à la bibliothèque de l’ETANG VERGY)

 

Vergy et la littérature

La Châtelaine de Vergy : au XIII° siècle, deux amoureux, le chevalier Agolane (ou Tristan) et la Châtelaine de Vergy, nièce du Duc de Bourgogne s’aiment en secret. Mais elle l’a prévenu que si leur amour était révélé, elle romprait immédiatement. Le petit chien de la Châtelaine leur sert de signal : lorsqu'il vient dans le verger, ceci indique au chevalier qu'il peut aller à la rencontre de sa belle. Cependant leur idylle est menacée par une autre femme, la Duchesse de Bourgogne, qui, repoussée par le jeune homme, accuse faussement celui-ci auprès du Duc, son mari, de vouloir la séduire. Pour se disculper, le chevalier est obligé d’avouer son amour véritable au Duc. La Duchesse l’ayant appris, le révèle à son tour à la Châtelaine, en public par surcroît...  Tout se terminera très mal, avec une moralité : il ne faut jamais révéler ses amours ! (voir document joint). Cette histoire a eu un grand succès au long des siècles, avec plusieurs réadaptations, y compris en italien, et une opérette au 19e siècle. Et Stendhal situe dans un Vergy imaginaire une bonne partie du « Rouge et le Noir ».

 

L’église

Troisième église située sur le mont de Vergy, l’église actuelle aurait été construite sur les restes d’une ancienne église mérovingienne datant du VIème siècle. Commencée au XIIème siècle, époque dont subsistent le chœur et le clocher, elle a été remaniée jusqu’au XVIème siècle avec l’agrandissement de la nef. Les trois arcs séparant le chœur de la nef sont du XIIIe. La nef date du XIIIe pour les murs et du XVe pour la voûte d’ogives, on remarque bien le rehaussement réalisé à cette occasion en contemplant l’église de profil. Le porche d’entrée date du XVIIIe siècle.

L’édifice, outre sa belle silhouette, renferme des trésors : facétieux comme ce cache-cache sur deux chapiteaux d’un renard et d’une poule,qui se termine sur un troisième par une dégustation ;sérieux comme la statue de Saint Jean Baptiste (mais notez quand même sa ressemblance avec l’acteur Michel Simon dans « Boudu sauvé des eaux », de Jean Renoir !),de la Vierge de Pitié et de Sainte Barbe(XVIe) ; du Christ Bénissant (XVIe) et de la Vierge à l’Enfant (XVIIe).

Cette église, dont l’intérieur a été restauré dans les années 1990 pendant le mandat de Bernard COUDIN, nécessite des travaux :

-         la toiture en tuile de la nef, du porche et du clocher doit être entièrement refaite. Les tuiles cassent et il n’est plus possible de les changer sans en casser cinq fois plus en montant sur le toit 

-          murs du clocher : les vibrations des cloches ont délité le mortier. Il doit être remaillé (remplacement du mortier) et les pierres gelées changées

-         drainage pour assainir la nef, faute de quoi, l’intérieur subira de fortes détériorations.

PARTIS DE RESTAURATION

Suite au Diagnostic sanitaire réalisé sur l’ensemble des l’édifice et présenté à la commune, les partis de restauration suivants ont étéé définis :

-Toiture de la nef, de la tourelle d’escalier et des appentis :

-  Restauration de l’arc central, reprise des maçonneries fissurées et complément etrrestauration des charpentes, remplacement des tuiles en tuiles plates.

 - Toitures du Transept et des chapelles : Remplacement des panes dégradées ou sous dimensionnées. Et remplacement des couvertures en tuiles plates (MH) ave sous toiture.

 - Toiture du clocher : Reprise des maçonneries vidées, Protection des baies (appuis plomb et abat-sons+grillage), remplacement de la couverture en tuiles plates (MH ) + paratonnerre, et réfection du plancher du beffroi.

 -Remplacement et complément de l’ensemble des zinguettes, des couvertures en tuiles des contreforts par des laves,

-  Drainage de l’édifice (façades Sud et Ouest+façade Nord de la Nefà et complément du réseau de collecte des EP.

-Suite au travaux de couverture, réfection des enduits et des jointoiements extérieurs,(nef, escalier, contreforts et sacristie).

- Remplacement des menuiseries de baies (Nef, Chapelles, Sacristie) par des vitraux-

  Purge de la végétation des toitures de l’abside et des absidioles.

La commune a décidé d’entreprendre la sauvegarde de ce patrimoine, mais ses moyens ne suffisent pas à financer le montant des travaux qui s’élèvent au final à près de 450 000 €, répartis en plusieurs tranches. Les subventions ne dépasseront pas 50% du total.

Un appel est donc lancé aux habitants autour de la butte de Vergy, aux historiens s’intéressant au site de Vergy, aux Bourguignons et à tous les amoureux de la région.                 Particuliers, associations ou entreprises sensibles au patrimoine, votre contribution est nécessaire pour maintenir ce patrimoine exceptionnel et conserver cet emblème des Hautes Côtes. A cette fin, une souscription publique est lancée avec la Fondation du Patrimoine.

Pour chaque don sera édité un reçu fiscal émis par la Fondation du Patrimoine. Il permettra de déduire 60 à 66 % du don du montant de l’impôt sur le revenu.

 

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travaux en cours